L'urbanisme à la hollandaise  
 
   Presentation


Une forte densité pour un petit pays

   Les Pays-Bas ont une superficie totale de 41 500 km², dont 6 500 km² de polders, terres conquises sur la mer. Le pays s'étend sur 300 km de long et sur 150 à 200 km de large.
   La densité moyenne est de près de 450 habitants/km², ce qui fait des Pays-Bas le pays le plus densément peuplé d’Europe.
   Par ailleurs, la population néerlandaise n’est pas répartie uniformément sur tout le territoire. Près de 45 % de la population habitent dans les trois provinces occidentales, alors que les neuf provinces restantes, qui couvrent près de 80 % de la superficie du pays, n’en héberge qu’un peu plus de la moitié. La province la plus densément peuplée étant la Hollande-Méridionale avec 1 154 habitants/km².



L'inondation comme stratégie de développement

    L’ensemble du territoire néerlandais est constitué de collines et de plaines, parsemées de lacs, de marais et de tourbières. Les principaux fleuves des Pays-Bas sont l’Escaut, qui prend sa source dans le nord de la France, la Meuse, originaire de Belgique et le Rhin avec ses nombreux affluents, dont le Waal, le Lek et l’IJssel. Le réseau hydrographique suit une direction est-ouest, et traverse le centre du pays. Sur la côte, ces cours d’eau forment un delta avec de nombreuses îles. Tout comme les multiples canaux, les fleuves permettent aux bateaux de remonter profondément en Europe.
    Les Néerlandais ont toujours su tirer profit de la mer et des fleuves. Les digues, les canaux et les écluses font partis d'un système de drainage des eaux extrêmement bien organisé, datant du Moyen-Age, et qui a permis aux Néerlandais d'augmenter la surface du pays. De ce fait, les régions côtières basses de l’Ouest sont les plus peuplées, elles sont également le cœur économique du pays depuis le Moyen-Age.
    A noter que sans la protection des digues et des dunes, cette partie des Pays-Bas serait submergée par les eaux de la mer et des fleuves. En effet, l’altitude ne dépasse généralement pas 1 m au dessus du niveau de la mer, ce qui représente plus de la moitié de la superficie du pays.
   Il faut savoir qu’au début, la lutte des habitants des basses terres contre les eaux avait un caractère uniquement défensif. Ils construisirent leurs maisons, puis leurs villages, sur des buttes artificielles, les tertres. Quand ils pensèrent relier les tertres en construisant des digues, ils créèrent la possibilité de garder au sec des parcelles plus grandes.
    Aujourd’hui, la quasi totalité de l’ouest et du nord du pays, est constituée de polders, c’est à dire de terres généralement entourées de digues, dont le niveau de l’eau est réglé artificiellement.


La planification spatiale, leitmotiv néerlandais

   Les Pays-Bas ont une vieille tradition de contrôle du développement urbain, en maîtrisant ses tendances à la dispersion par l’application de principes qui ont donné forme à un modèle de localisation tout à fait particulier et à un engagement notoire dans la définition de politiques environnementales.
   La planification du développement spatial de la Randstad, notamment, est un élément fondamental des politiques territoriales hollandaises. La Randstad étant le terme employé pour parler de l’ensemble des grandes villes de l’ouest des Pays-Bas : 7 100 000 habitants entre Amsterdam - Haarlem - La Haye - Dordrecht - Utrecht. Il s’agit là d’une l’agglomération métropolitaine polycentrique au cœur de laquelle se situe un « poumon vert » de protection de l’environnement bâties à vocation agricole, appelé le Cœur vert.
    D’un côté, la protection de la zone verte a été garantie par la possibilité de situer dans les centres anciennement formés, les noyaux dans lesquels se concentre le développement urbain. De l’autre, l’anneau de villes s’est élevé au rang de métropole mondiale grâce à la valeur ajoutée apportée par la qualité globale de l’environnement de la région. Le cœur vert, facilement accessible depuis les grandes villes, a été ainsi un élément clef dans la lutte contre l’étalement urbain, qui a permis la sauvegarde de zones naturelles.



Une planification des transports étroitement liée à la planification urbaine

    Les Pays-Bas, à travers leur second Transport Structure Plan, est un cas exemplaire pour la tentative d’intégrer étroitement les politiques de la mobilité et des transports aux politiques spatiales et environnementales.
    L’intérêt se tourne tout particulièrement vers les problèmes soulevés par la mobilité sur l’environnement et l’économie du pays (coûts économiques et sociaux de congestion, pollution, insécurité et risque, fragmentation de des espaces non-bâtis du fait de l’extension du réseau routier). Mais également, vers l’accessibilité comme facteur de compétitivité urbaine.
    L’objectif déclaré de ce plan en faveur des principes du développement durable implique que le système des transports qui en découle soit conçu de façon à ne pas faire retomber sur les générations futures les coûts et les dommages provoqués par une mauvaise planification, et de manière à minimiser la consommation d’énergie et de ressources de sol.
Les lignes de force stratégiques sont : le contrôle et la diminution de la mobilité, le choix des transports pour remplacer la voiture, une plus grande sélectivité de l’accès aux routes, des investissements en ressources humaines et économiques plus élevées dans le secteur des transports.
    Les pouvoirs publics entendent ainsi réduire la mobilité (en diminuant les distances logement-travail) et stimuler l’utilisation des transports publics et de la bicyclette par de forts investissements dans les infrastructures.
Il faut savoir, en effet, que le débordement sur la banlieue pendant les années 60 et 70, a déterminé un accroissement de la distance logement-travail, intensifiant les flux de déplacements pendulaire aux heures de pointe.
    La planification et la réglementation des aires de stationnement sont également un instrument stratégique du contrôle de flux de mobilité. Le plan introduit des restrictions et des modalités pour déterminer un nombre maximum de places réalisables pour chacune des fonctions urbaines (travail, commerce, logements,...), en accord avec un profil d’accessibilité de la zone, pour réduire l’utilisation de la voiture.
    Contre la tendance à l’ouverture et à la perméabilité des espaces urbains aux voitures, le plan évoque également la nécessité de mesures permettant de sélectionner pour chaque secteur urbain les niveaux d’accessibilité aux différents moyens de transport, en diminuant au maximum les mouvements du trafic routier en faveur d’autres types de transport.
    L’objectif prioritaire est la coordination de la demande de transports et de choix de développement dans le cadre d’une diminution généralisée de la circulation automobile, par l’augmentation de la concurrence des autres moyens de transports. En combinant différents types de mesures, il est alors possible de soutenir la base économique de la ville, de limiter le développement de la mobilité, de localiser les résidences, les emplois et les services à une distance optimale pour l’accessibilité en bicyclette ou en transports publics, et contenir l’urbanisation des zones rurales proches.



Le paradoxe de la ville compacte

   Le modèle de la ville compacte est soumis toutefois à des critiques.
   Il est vu comme un élément d’amélioration de l’environnement certes, mais, qui ne tient pas compte des effets incertains concernant le développement urbain ultérieur des centres, et la dispersion de l’habitat.
    Il est vrai que la tendance pour les villes Européennes et Américaines est plutôt en faveur d’une forme d’urbanisation étalée.
    Le modèle de la ville compacte semble ainsi négliger les dynamiques amorcées dans les zones rurales et les villes nouvelles. De plus, il implique souvent une augmentation des valeurs foncières dans les centres les plus grands et une aggravation des phénomènes de ségrégation sociale. En outre, il peut engendrer une perte de compétitivité des centres urbains, où les entreprises et les activités économiques ont des difficultés à se localiser.
   Enfin, si l’effet est généralement positif au niveau global sur l’environnement, les conditions environnementales dans les zones urbaines ont tendance à se dégrader. Le développement urbain dans le cadre de la politique des villes compactes détermine une utilisation plus intensive du sol, aux dépends des espaces libres dans les quartiers urbains (cf. pollution acoustique, atmosphérique et des cours d’eau, risques d’accidents et autres catastrophes pour la flore).
   Ainsi, le modèle de la ville compacte se doit nécessairement de définir les limites de saturation de l’espace bâti afin de répondre au plus près aux exigences de développement urbain durable.



Annietha Gastard



Sources :
"Petite géographie des Pays-Bas", MEIJER.H, Utrech, IDG, 1989
"Développement Urbain Durable : Quatre métropole européennes", Dirigé par Roberto Camagni et Maria Cristina Gibelli, DATAR, Ed.de l'Aube, 1997
   carte et données générales
Superficie:
41 500 km²

Habitants :
16 339 M
Population urbaine: 89 %
Population rurale: 11%

Densité moyenne:
450 hab/km²

Transports:
Rotterdam : 3ème port mondial
Autoroutes : 2 045 km
Chemins de fer : 2 828 km
Canaux : 4 832 km

Ressources:
Thermique : 94%
Nucléaire : 5%
Hydraulique : 0.1%

Carte des Pays-Bas : site internet Wikitravel
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