Le Camp de mas'ha   
 

    Documentaire « Behind the fence »
    Réalisé par Yoal Tal et Keren Assaf

    Décembre 2003_ Auto Production

 


    Mas’ha, petit village Palestinien qui a vu son existence bouleversée en raison de sa localisation sur le tracé du mur de séparation qui se construit entre Israël et la Palestine. C’est pour cette raison que Nazeeh Shalabi, un des fermiers de ce village, a reçu un jour un ordre de confiscation de la plupart de ses terres de la part des autorités israéliennes. L’objectif de cette spoliation étant de permettre la construction de ce que l’on appelle aujourd’hui « the Wall of Apartheid ». Aux yeux des autorités Israéliennes, il s’agit d’une « mesure de sécurité » consistant à séparer physiquement les Palestiniens des Israéliens. Dans la réalité, la seule séparation que ce mur provoque est celle entre les Palestiniens et leurs terres. En effet, en 2004, on estimait qu’ils avaient déjà perdu 1 100 hectares de terres fertiles sur lesquelles poussaient des oliviers, quasiment l’unique ressource de ces fermiers. Les palestiniens ont également dû subir la perte d’une trentaine de puits d’eau, ainsi qu’une quarantaine de kilomètres de canalisations : l’eau étant une ressource précieuse dans cette région sèche du monde, elle est ainsi devenue un moyen stratégique de contrôle du territoire.

    Par conséquent, lorsque le village de Mas’ha s’est vu déposséder de près de 98 % de son territoire, Nazeeh Shalabi a décidé d’implanter un camp de protestation sur ses terres : the Mas’ha Camp. L’idée n’était pas de bloquer l’évolution des bulldozers israéliens – il s’agit d’une contestation non-violente – mais d’alerter l’opinion publique mondiale sur ce qui se passe dans cette région de la Palestine. Il explique ainsi la raison d’être du Camp de Mas’ha : “Nous voulons montrer que le peuple Israélien n’est pas notre ennemi ; offrir une opportunité aux Israéliens de coopérer avec nous et de supporter notre cause ; montrer que « the Wall » est condamné par la communauté internationale ; expliquer que « the Wall » n’est là pas pour assurer la sécurité, mais qu’il existe dans le but de confisquer des terres ; et attirer l’attention des médias sur ce problème. (…) Notre camp a montré que la paix ne se construira pas par des murs et des séparations, mais par une coopération et une communication entre les deux peuples qui vivent sur cette terre. »

   Visiblement dérangés par l’impact médiatique qu’a pris cette action et par la mobilisation forte qu’elle a suscitée auprès d’activistes pour la paix, le 5 août 2003, les militaires Israéliens ont arrêté 46 des Palestiniens, Israéliens et internationaux qui étaient présents dans le Camp. Puis, le 13 août, les autorités Israéliennes ont voulu mettre fin à l’existence du Camp en déclarant qu’il se trouvait dorénavant en Zone Militaire, fermée à tous civils.

    L’action militante du Camp de Mas’ha ne s’est pas pour autant arrêtée, elle a été relayée par d’autres manifestations. Un documentaire a notamment été réalisé pour raconter l’histoire de ces fermiers palestiniens qui militent pour leur survie, leur liberté et celles de leurs enfants. La lutte contre le Mur continue et ne s’arrêtera que lorsqu’il tombera.

Annietha Gastard
Avril 2004


Tracé du mur de sécurité israëlien

Source : Carte extraite d'un article de Matthew Brubacher publié par Le Monde diplomatique, en novembre 2002

En écoute


Interview de Raad Amer
Activiste palestinien contre le Mur de Séparation


Plus d'informations

www.stopthewall.org

www.monde-diplomatique.fr


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